Un grand « Plan apicole durable » est lancé dans les Alpes-Maritimes

 

Ce plan départemental en douze points concerne aussi bien les apiculteurs professionnels qu’amateurs.Frank Muller

 

Un grand « Plan apicole durable » est lancé dans les Alpes-Maritimes par le conseil général pour protéger les insectes pollinisateurs indispensables à l’équilibre de la nature et à la survie… des hommes

Traitements chimiques, parasites, destruction des espaces naturels, frelon asiatique…Les raisons expliquant le taux de mortalité anormalement élevé des abeilles (de 30 à 40 %) depuis une quinzaine d’années ne manquent pas. À en croire scientifiques et apiculteurs, il y a même « le feu à la maison ».

De la survie de cette espèce et des autres insectes pollinisateurs dépend celle de… l’humanité, rien de moins. Pour sensibiliser le public et favoriser la filière apicole, le conseil général des Alpes-Maritimes vient de lancer un plan de douze mesures destinées à améliorer localement la situation.

Des actions concrètes
Mobilisant une enveloppe budgétaire annuelle de 100.000 euros, ce plan concerté avec les professionnels, vise à renforcer les mesures déjà en vigueur, mais surtout à financer de nouvelles actions. En voici les principales :

1. Plus aucun traitement chimique dans les parcs naturels départementaux ni pour l’entretien des accotements des 1880 km de routes dans les A.-M.
2. Installation de ruches dans les parcs naturels départementaux : il y en a 400 actuellement, l’objectif est de doubler leur nombre d’ici la fin 2014.
3. Création de 10 hectares de prairies fleuries dans les parcs départementaux, avec des semis de graines mellifères.
4. Le fauchage des bords des routes départementales sera plus tardif et les fréquences de passage seront espacées, afin de favoriser la reproduction de la faune et de la flore.
5. La lutte contre le varroa, parasite ravageur de l’abeille, va être intensifiée, et subventionnée à hauteur de 50 % par le conseil général.
6. Une aide va être consentie aux apiculteurs professionnels pour « équiper » leurs ruches de nouvelles reines plus productives et moins fragiles et pour moderniser leurs exploitations. L’aide s’élèvera à 50 % du prix d’achat des reines.
7. Pour améliorer le diagnostic des maladies de l’abeille, le laboratoire vétérinaire départemental, qui est certifié, sera en charge de la sécurité sanitaire des ruchers dans les parcs.
8. La formation et le conseil technique sont renforcés pour les apiculteurs inscrits auprès de la Chambre d’agriculture.
9.Une aide à l’investissement et à la modernisation des exploitations apicoles va être mise en place par le département, et des bourses sont allouées à de jeunes agriculteurs pour des installations en apiculture.
10. Des opérations de sensibilisation vont être menées auprès des détenteurs de jardins afin qu’ils adoptent de bonnes pratiques en fonction de préconisations pour le choix des produits de traitement.
11. Une charte d’engagement en faveur des abeilles a été développée avec les pépiniéristes et les jardineries des Alpes-Maritimes, qui remettront au public un dépliant « Pour nos abeilles ».
12.Le conseil général va mettre à la disposition des scolaires (et du grand public), à la prochaine rentrée scolaire, un ensemble de fiches pédagogiques téléchargeables pour tout savoir sur les abeilles et sur leur nécessaire protection.

Préserver l’environnement

En lançant ce « Plan apicole durable », Eric Ciotti a rappelé que les 30 apiculteurs professionnels et le millier d’amateurs, qui conduisent 13000 ruches dans le département, produisent une centaine de tonnes de miel par an dans les Alpes-Maritimes.« Certes, nous sommes moins concernés que d’autres départements par les problèmes phytosanitaires.Mais les équilibres naturels demeurent fragiles d’où ce plan global ».

Le président de la chambre d’agriculture, Michel Dessus, et Jean-Louis Lautard, président du syndicat des miels de Provence (lire par ailleurs), étaient sur la même longueur d’onde en affirmant la volonté des apiculteurs de « vivre de [leur] métier et d’offrir aux consommateurs les meilleurs produits possibles ».

Ce plan associe aussi bien les professionnels que le grand public. Il faut dire que l’enjeu mérite la mobilisation générale !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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