préface d'Yves Goïc du Cours complet d'apiculture

Une très bonne préface pour un vieux livre réédité / indispensable

Entretien avec Yves Goïc   (Propos recueillis par Vincent Tardieu)

Yves Goïc, apiculteur installé dans les Hautes-Alpes, à Arbriès (1800 m d'altitude), a présidé jusqu'en 2008 l'ancien Centre national du développement apicole (CNDA), colonne vertébrale de l'actuel Institut de l'abeille et du miel (Itsap). Ingénieur physicien à l'origine, il a passé son brevet professionnel d'apiculture à Laval et a commencé l'élevage d'abeilles à 23 ans, en 1976. Âgé aujourd'hui de 60 ans, ce «vieux sage de l'apiculture» produit essentiellement du miel des montagnes et des prairies alpines, ainsi que de la gelée royale depuis huit ans, le tout en apiculture biologique, grâce à quelque 350 colonies. Élu au conseil municipal de sa commune, il est également président du Parc naturel régional (PNR) du Queyras.

Vincent Tardieu. Vous connaissez ce Cours complet d'apiculture de Georges de Layens et Gaston Bonnier depuis longtemps : est-ce que cette introduction à l'apiculture et au monde des abeilles mellifères, publiée pour la première fois en 1897, est encore utile pour quelqu'un qui voudrait se lancer dans l'apiculture aujourd'hui ?

Yves Goïc. Absolument. Car cet ouvrage est le premier à proposer un panorama complet et solide du comportement, de la biologie et de l'écologie de l'abeille mellifère, ainsi que de la conduite d'une colonie et d'un rucher. Et il reste d'actualité. En particulier pour ceux qui souhaitent se lancer dans l'élevage de colonies d'une façon assez simple, sans toute la technologie et la mécanisation modernes. L'ouvrage montre qu'une telle apiculture est encore possible.
L'autre intérêt que je vois dans cet ouvrage de référence tient aux descriptions floristiques apportées par le botaniste Gaston Bonnier : elles témoignent des paysages ruraux du XIXe siècle, riches en sainfoin, en sarrasin, en trèfles et autres assemblages de plantes fourragères, qui ont beaucoup évolué à la faveur de la spécialisation industrielle de l'agriculture.

V.T. D'entrée de jeu, Georges de Layens et Gaston Bonnier nous indiquent que «L'Apiculture ou culture des abeilles apprend à soigner les abeilles pour récolter le miel et la cire». Rien n'est dit sur l'usage médicinal de la propolis ni sur les intérêts de la gelée royale que vous récoltez et vendez : est-ce parce que les vertus de ces produits n 'étaient pas connus ou commercialisés à la fin du XIXe siècle ?

Y.G. Oui, ces produits n'étaient pas du tout commercialisés, voire étaient inconnus à l'époque de la plupart des éleveurs, même s'il existait des usages locaux non consignés de la propolis, ainsi que de broyats de larves et de gelée royale issues du couvain des ruches, jugés très «tonifiants». Il faudra attendre la fin de la Seconde Guerre mondiale pour que les propriétés de la gelée royale commencent à être reconnues. Sa commercialisation en France puis dans le reste du monde débutera alors. Cette substance est produite par les glandes hypopharyngiennes et mandibulaires des ouvrières (les nourrices), situées toutes les deux au niveau de la tête. La gelée royale est un mélange de sécrétions de ces deux glandes, à partir de pollen et de nectar récoltés par les butineuses sur les fleurs. Très riche en eau, cette gelée est composée de glucides et de protéines, ainsi que de diverses vitamines et oligo-éléments. Par sa composition très complète, la gelée royale apporte donc tous les éléments nutritifs nécessaires à la croissance des larves et à la bonne santé de la reine. Et lorsqu'on fait de la production de gelée royale, on élève des colonies dédiées à ça, en quelque sorte sélectionnées pour en fabriquer en plus grande quantité, à la manière des vaches laitières. Nos prélèvements ne portent donc pas préjudice au développement des colonies.
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Ajouté le 31/01/2013 par florian marco -